Les chiffres à retenir, avec leur source et leur périmètre
En 2026, l'usage de l'IA par les candidats est massif et documenté, alors que les chiffres sur l'usage de l'IA par les équipes d'admissions restent rares. Cet article ne garde que les données que nous avons ouvertes à la source, avec l'éditeur, la date et le périmètre. Aucun chiffre ne provient de Skolbot.
Précision de méthode : aucun outil payant de volume de recherche n'était disponible pour cette rédaction. Le sujet a été cadré à partir de recherches publiques et de sources primaires.
| Chiffre | Source | Périmètre et date |
|---|---|---|
| 95 % des étudiants utilisent l'IA sous une forme ou une autre | HEPI et Kortext | 1 054 étudiants de licence à temps plein, Royaume-Uni, décembre 2025 |
| 46 % des lycéens utilisent l'IA pour chercher une université (26 % au printemps 2025) | EAB | Plus de 5 000 lycéens, États-Unis, octobre-novembre 2025 |
| 13 % commenceraient leurs recherches par un chatbot, 43 % par le site de l'établissement | UCAS, via Wonkhe | 4 485 candidats potentiels, candidats et étudiants de première année, Royaume-Uni, novembre 2025 |
| 33 % des 16-74 ans utilisent l'IA générative ; 64 % des 16-24 ans | Eurostat | Union européenne, 2025, trois derniers mois |
| 68 % des universités sélectives n'ont aucune politique sur l'IA pour l'essai d'admission | Kaplan (communiqué du 3 novembre 2025) | Responsables d'admission d'environ 220 universités américaines, juillet-août 2025 |
Aucune de ces enquêtes ne porte sur la France seule. Nous n'avons trouvé aucun chiffre national français sur l'usage de l'IA par les candidats à Parcoursup que nous puissions citer sans l'avoir vérifié. Mieux vaut le dire que d'extrapoler.
Côté candidats : l'IA fait déjà partie du parcours
L'usage est devenu courant chez les jeunes, y compris en Europe. Selon Eurostat, 33 % des habitants de l'Union âgés de 16 à 74 ans avaient utilisé un outil d'IA générative dans les trois mois précédant l'enquête de 2025, et 64 % des 16-24 ans. C'est la première année où l'indicateur est mesuré, donc il n'existe pas encore de série longue.
Au Royaume-Uni, l'enquête HEPI 2026 mesure 95 % d'usage chez les étudiants de licence, et 94 % pour des travaux évalués. Seuls 36 % se disent encouragés par leur établissement et 38 % disent que celui-ci leur fournit des outils. Ces chiffres décrivent des étudiants déjà inscrits, pas des candidats, mais ils montrent le niveau d'habitude que les futurs candidats ont déjà.
Pour une école française, la lecture utile est simple : un lycéen de terminale qui prépare ses vœux Parcoursup a de fortes chances d'avoir déjà posé une question d'orientation à un assistant IA avant de visiter votre site.
Côté recherche d'école : l'IA pèse, mais le site reste le point de départ
Les deux enquêtes les plus récentes sur la recherche d'établissement donnent des signaux complémentaires. EAB a interrogé plus de 5 000 lycéens américains en octobre et novembre 2025 : 46 % utilisent des outils d'IA pour chercher une université, contre 26 % au printemps 2025. Dans la même enquête, 18 % ont écarté un établissement à cause d'informations remontées par une recherche IA.
L'enquête UCAS, présentée dans un article de Wonkhe par une responsable de l'insight chez UCAS, nuance ce tableau. Sur 4 485 répondants, 43 % disent que le site de l'établissement est leur première ressource, et 13 % qu'ils commenceraient par un chatbot. 48 % retireraient une université de leur liste après une mauvaise journée portes ouvertes, contre 8 % après un avis négatif généré par IA.
Deux pays, deux méthodes, deux populations : ces chiffres ne s'additionnent pas. Ils convergent sur un point. L'IA est entrée dans la recherche, mais le site de l'école et l'expérience réelle (JPO, échange avec un conseiller) pèsent toujours plus lourd dans la décision.
Côté établissements : peu de données, beaucoup de règles à écrire
Les données sur l'usage de l'IA par les services d'admissions sont minces. Le seul chiffre sourcé que nous avons pu ouvrir concerne les règles posées aux candidats. Kaplan (communiqué du 3 novembre 2025) a interrogé par e-mail des responsables d'admission d'universités américaines sélectives en juillet et août 2025 : 2 % autorisent l'IA pour rédiger l'essai, 30 % l'interdisent et 68 % n'ont pas de politique. Pour le brainstorming, 27 % l'autorisent, contre 18 % un an plus tôt.
Ce que l'on lit dans ces chiffres : la majorité des établissements n'a pas encore fixé de règle. Une école qui publie une politique claire (ce qui est permis dans un dossier, ce qui ne l'est pas, quand un humain intervient) devance la plupart de ses concurrentes.
Nous n'avons pas retenu les chiffres circulant sur la part des universités qui « utilisent l'IA pour trier les dossiers » : ils proviennent d'enquêtes qui mélangent lycées et universités, et nous n'avons pas pu en ouvrir la source primaire.
Le cadre réglementaire européen : l'admission est un cas d'usage à haut risque
L'annexe III du règlement européen sur l'IA classe parmi les systèmes à haut risque ceux destinés à déterminer l'accès ou l'admission à des établissements d'enseignement, ou à y affecter des personnes. Un chatbot qui répond à des questions n'est pas un système qui décide d'une admission. Un outil qui note ou classe des candidatures s'en rapproche.
Côté calendrier, la Commission européenne indique que les règles pour les cas d'usage de l'annexe III, dont l'éducation, s'appliquent désormais à partir du 2 décembre 2027, après l'adoption du paquet « omnibus » entré en vigueur le 27 juillet 2026. Vérifiez la date sur cette page avant toute décision de calendrier.
Le RGPD s'applique dès aujourd'hui, et la CNIL publie des recommandations sur l'IA et les données personnelles. Pour les candidats mineurs, le consentement et l'information doivent rester lisibles.
Ce que ces chiffres ne disent pas
Ils ne disent pas qu'un chatbot augmente les inscriptions. Aucune des sources ci-dessus ne mesure l'effet d'un assistant sur la conversion. Toute promesse chiffrée de ce type, sans étude publique et méthode associée, est à écarter.
Ils ne sont pas comparables entre eux : populations (lycéens, étudiants, adultes), pays, questions et dates diffèrent. Ils ne permettent pas non plus de conclure sur le marché français : aucun n'est une mesure nationale.
Pour des repères de conversion publiés, voyez notre article sur les benchmarks de conversion d'un site d'école.
Ce que cela change pour une équipe d'admissions
Quatre actions découlent directement de ces données, sans dépendre d'un chiffre inventé.
- Préparez le site pour les questions que les candidats posent déjà à une IA : programmes, frais, modalités d'admission, alternance, dates. Une page claire est la source qu'un assistant citera.
- Écrivez une politique sur l'IA dans les dossiers, comme 32 % seulement des universités américaines interrogées par Kaplan l'ont fait, dans un sens ou dans l'autre.
- Gardez un humain pour toute décision d'admission. L'annexe III vise justement ces décisions.
- Mesurez vos propres données (questions fréquentes, délai de réponse, rendez-vous pris) plutôt que d'importer un benchmark étranger.
Pour aller plus loin, lisez notre guide des agents IA pour le recrutement étudiant, la définition d'un agent IA d'admissions et ses limites et le guide du chatbot IA pour le recrutement étudiant.


