Peut-on vraiment remplir une cohorte en 90 jours avec deux personnes ?
Oui, à une condition : arrêter d'essayer de tout faire manuellement. Une équipe admissions de deux personnes n'a pas le luxe de rappeler individuellement chaque candidat dormant ou de gérer les inscriptions aux portes ouvertes sur un fichier Excel. Elle a le temps de faire trois choses bien : trier ce qui vaut la peine d'être travaillé, automatiser tout ce qui peut l'être, et concentrer ses heures humaines sur les conversations qui font vraiment basculer une décision.
Le point de départ n'est pas encourageant. L'abandon entre la visite du site et le premier contact atteint 91% en moyenne, et 64% des candidats qui initient un contact ne déposent jamais de dossier — pour une conversion globale visite-vers-inscription de 0,8% (source : content/zpd-bank.json#prospect-dropout-funnel). Avec un CRM déjà rempli de prospects mal qualifiés, la tentation est de retravailler l'ensemble de la base. C'est la première erreur à éviter — et le sujet de la phase 1.
Ce plan reprend les principes de notre guide sur comment recruter plus d'étudiants dans l'enseignement supérieur et de notre rétroplanning de campagne d'admission, compressés pour une contrainte serrée : une cohorte à combler avant la rentrée, sans possibilité d'embaucher.
Phase 1 (J-90 à J-61) : trier avant d'agir
Semaines 1-2 : auditer le CRM avant de toucher au téléphone
La première tentation d'une équipe réduite en mode panique est de décrocher le téléphone et d'appeler tout le monde. C'est la pire utilisation possible des deux premières semaines. Avant tout appel, extrayez de votre CRM trois listes : les dossiers incomplets depuis plus de trois semaines, les prospects avec premier contact mais sans candidature déposée, et les inscrits aux portes ouvertes passées qui ne se sont jamais présentés. Ces trois groupes concentrent l'essentiel du potentiel de récupération, parce qu'ils ont déjà manifesté un intérêt réel — contrairement à une nouvelle campagne d'acquisition, qui prend des semaines à produire un candidat prêt à s'inscrire.
Pour chaque groupe, identifiez le point de décrochage précis. Un dossier incomplet depuis trois semaines révèle presque toujours la même cause : une question sans réponse (droits de scolarité exacts, équivalence de DES pour un candidat hors Québec, aide financière) que personne n'a relancée. Le délai de réponse moyen par courriel est de 47 heures, contre 3 secondes pour un agent conversationnel disponible 24/7 (source : content/zpd-bank.json#response-time-by-channel). Sur un dossier bloqué depuis trois semaines, ce n'est pas un problème de motivation du candidat — c'est un problème de vitesse de réponse de l'école.
Semaines 3-4 : couper ce qui ne convertit pas
C'est l'étape la plus contre-intuitive et la plus rentable : renoncer explicitement à une partie de la base. Un prospect qui a reçu trois relances sans réponse depuis plus de 60 jours, ou dont le profil ne correspond structurellement pas au programme visé (cote R insuffisante, mauvais parcours, mauvaise région pour un programme en présentiel), ne doit plus consommer une seule minute de temps humain. Marquez-le « nurturing automatisé long terme » et sortez-le des files de travail actives des deux conseillers.
Cette phase de tri doit se conclure par une liste resserrée et priorisée — typiquement 15 à 25% de la base totale — sur laquelle porteront les 60 prochains jours. Pour objectiver ce tri plutôt que de le faire à l'instinct, un audit du funnel de recrutement permet de quantifier où se trouvent réellement vos meilleures chances de conversion avant d'investir du temps.
Phase 2 (J-60 à J-31) : activer les segments à plus fort potentiel
Semaines 5-6 : automatiser la première réponse et la qualification
Avec une liste triée en main, l'équipe de deux ne doit plus répondre elle-même aux questions génériques — frais de scolarité, dates limites, contenu du programme, aide financière. Un agent conversationnel installé sur les pages de programme répond instantanément à ces questions répétitives et qualifie le candidat avant qu'un humain n'intervienne, ce qui libère du temps pour les échanges qui nécessitent réellement le jugement des conseillers : une situation financière particulière, une hésitation entre deux programmes, une équivalence de diplôme hors Québec.
L'écart de réactivité entre les canaux justifie ce choix à lui seul. Le téléphone n'est décroché que dans 34% des cas, avec un temps de réponse moyen de 3 min 20 s quand il l'est ; le chat humain répond en 8 minutes mais seulement pendant les heures ouvrées (source : content/zpd-bank.json#response-time-by-channel). Un candidat qui compare deux ou trois écoles — la norme au Québec, où la candidature se fait directement auprès de chaque établissement plutôt que via un portail unique comme pour les cégeps — n'attend pas jusqu'au lendemain matin pour avoir une réponse.
Semaines 7-8 : relance ciblée et inscriptions aux portes ouvertes
C'est la fenêtre pour lancer une action concentrée sur le segment prioritaire : relance personnalisée par courriel et clavardage vers les dossiers incomplets, couplée à une invitation ciblée à la prochaine journée portes ouvertes. Ne dispersez pas cet effort sur de nouveaux canaux d'acquisition — ce n'est ni le moment ni le rôle d'une équipe de deux à 60 jours de l'échéance. Le canal chatbot du site génère un taux d'inscription aux portes ouvertes de 18,4%, contre 6,2% pour un formulaire classique et 4,8% pour une campagne courriel (source : content/zpd-bank.json#jpo-registration-by-channel). Concentrez le temps restant sur les canaux qui convertissent déjà, plutôt que de tester du social payant à ce stade.
Phase 3 (J-30 à J-0) : le sprint de conversion sans épuiser l'équipe
Semaines 9-10 : réduire le no-show avant tout le reste
À 30 jours de la clôture, la priorité absolue n'est plus d'ajouter des prospects — c'est de convertir ceux déjà inscrits à une porte ouverte. Le no-show est le point de fuite le plus coûteux à cette étape, et le plus facile à corriger sans effort humain supplémentaire. Sans relance, 52% des inscrits ne se présentent pas ; ce taux tombe à 19% avec un rappel personnalisé par chatbot et à 14% combiné à un SMS (source : content/zpd-bank.json#jpo-no-show-rate). Une séquence automatisée de confirmation-puis-rappel récupère à elle seule l'équivalent de plusieurs dizaines de présences supplémentaires sur une cohorte moyenne — sans ajouter une heure de travail aux deux conseillers.
Dernières semaines : yield management et clôture du sprint
Dans les 15 derniers jours, appliquez une logique de yield management : traitez chaque place restante comme une ressource limitée à allouer aux candidats les plus proches de la décision, pas comme un quota à remplir au premier arrivé. Priorisez les dossiers complets en attente de confirmation plutôt que de rouvrir des dossiers dormants — le temps de conversion y est trop long pour la fenêtre restante. Notre article sur le yield management appliqué aux inscriptions détaille cet arbitrage entre candidats en lice pour les dernières places.
C'est aussi le moment de protéger l'équipe elle-même : un sprint mal géré se termine en épuisement, au pire moment, juste avant la rentrée. Les tâches automatisées en amont ne sont pas un luxe — elles permettent aux deux conseillers de garder de l'énergie pour les 10 derniers jours, les plus décisifs.
Répartition du temps sur 90 jours : équipe de 2 vs automatisation
| Tâche | Volume type | Sans automatisation | Avec automatisation | Reste pour l'équipe |
|---|---|---|---|---|
| Questions répétitives (frais, dates, admissibilité) | 200-400 échanges | 25-35 h/sem. | Quasi entièrement automatisé | Cas atypiques |
| Qualification initiale | 150-250 prospects | 10-15 h/sem. | Chatbot | Revue des scores |
| Relance des dossiers incomplets | 60-100 dossiers | 8-10 h/sem. | Séquences courriel/SMS | Appels sur dossiers à forte valeur |
| Rappel avant portes ouvertes | 100-300 inscrits | 6-8 h/événement | Chatbot + SMS | Accueil le jour J |
| Entretiens de conversion finale | 20-40 candidats | — | Non automatisable | 15-20 h/sem., cœur du travail humain |
| Suivi et reporting | Continu | 5-6 h/sem. | Tableau de bord | 1 h/sem. |
La colonne qui compte est la dernière. Sur deux personnes disposant chacune d'environ 35 heures utiles par semaine, une gestion entièrement manuelle des quatre premières lignes consomme à elle seule 50 à 70 heures — il ne reste alors plus rien pour les entretiens de conversion finale, la seule tâche que personne d'autre qu'un humain ne peut faire.
Ce qu'une équipe de deux ne doit pas tenter pendant ce sprint
Il faut être explicite sur les renoncements, parce qu'une petite équipe sous pression a tendance à vouloir tout essayer. Ne lancez pas de nouveau canal d'acquisition à moins de 60 jours de l'échéance — le délai entre premier contact et candidature (64% d'abandon, voir plus haut) rend improbable qu'il produise des inscriptions avant la clôture. Ne personnalisez pas manuellement chaque courriel à plus de 50 destinataires — le temps investi dépasse le gain par rapport à une segmentation automatisée en 3-4 groupes. Ne rouvrez pas de dossiers abandonnés depuis plus de 90 jours dans les trois dernières semaines, et ne sacrifiez surtout pas le rappel systématique avant les portes ouvertes pour gagner du temps ailleurs : c'est le levier au meilleur rapport temps investi / présences récupérées de tout le plan.
Un établissement qui applique cette logique — trier avant d'agir, automatiser la répétition, réserver le temps humain aux décisions à fort enjeu — observe généralement une trajectoire proche de celle mesurée sur les écoles ayant déployé un agent conversationnel sur leur funnel de recrutement : candidats qualifiés en hausse de 120 à 195 par mois (+62%), coût par candidat en baisse de 38%, retour sur investissement de 280% sur 12 mois (source : content/zpd-bank.json#chatbot-roi-metrics). Ces résultats intègrent l'effet combiné de l'outil et des ajustements de processus qui l'accompagnent — pas l'outil seul.
Un dernier point de vigilance, propre au contexte québécois : toute relance automatisée touche des renseignements personnels de candidats, souvent mineurs ou tout juste majeurs. La collecte de ces données doit respecter la Loi 25, sous le contrôle de la CAI : consentement documenté, finalité déclarée, conservation limitée. Pour les universités coordonnées par le BCI comme pour toute institution relevant du ministère de l'Enseignement supérieur, ces obligations s'appliquent dès le tri du CRM, pas seulement à l'inscription finale.
Testez Skolbot sur votre école en 30 secondesFAQ — Remplir une cohorte en 90 jours avec une équipe réduite
Est-il réaliste de remplir une cohorte en 90 jours avec seulement deux personnes ?
Oui, à condition de trier la base de prospects avant d'agir et d'automatiser les tâches répétitives (réponses aux questions fréquentes, qualification, rappels avant portes ouvertes). Une équipe qui traite tout manuellement n'a matériellement pas les heures disponibles. Le plan qui fonctionne concentre le temps humain sur les 15 à 25% de candidats à plus fort potentiel et délègue le reste à l'automatisation.
Par quoi commencer dans les 10 premiers jours ?
Par un audit du CRM, pas par des appels. Extrayez les dossiers incomplets de plus de trois semaines, les prospects sans candidature déposée, et les no-shows aux portes ouvertes passées : vos trois meilleures sources de récupération, parce que ces candidats ont déjà manifesté un intérêt réel — contrairement à un nouveau prospect qu'il faudrait convaincre depuis zéro.
Comment réduire le taux de no-show aux portes ouvertes sans mobiliser l'équipe ?
En automatisant la séquence de rappel plutôt qu'en la faisant manuellement. Une confirmation immédiate après inscription suivie d'un rappel personnalisé (chatbot, éventuellement combiné à un SMS) fait passer le taux de no-show de 52% à 14-19% selon la méthode, sans heures de travail humain supplémentaires. L'un des rares leviers du plan à la fois à fort impact et à coût humain nul.
La Loi 25 change-t-elle quelque chose pour une relance automatisée de prospects ?
Oui. Toute relance automatisée par courriel, SMS ou clavardage implique la collecte de renseignements personnels, encadrée par la Loi 25 et surveillée par la CAI. L'établissement doit documenter le consentement, limiter l'usage des données à la finalité déclarée et prévoir une durée de conservation définie — y compris pour les segments « nurturing automatisé long terme » de la phase de tri.
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