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Baisse des effectifs étudiants dans les cégeps et universités du Québec, vivier qui se resserre
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Recrutement10 min read

Effectifs étudiants en baisse au Québec : cégeps et universités

Baisse des effectifs étudiants dans des cégeps et universités du Québec : données ISQ et Fédération des cégeps, pistes concrètes pour sécuriser votre vivier.

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Équipe Skolbot · 31 juillet 2026

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Sommaire

  1. 01Un nombre record de cégépiens en 2025 — et pourtant le signal d'alarme est réel
  2. 02Ce que montrent les chiffres de l'ISQ sur les cohortes à venir
  3. 03Deux canaux qui compensaient jusqu'ici le ralentissement se resserrent en même temps
  4. 04Pourquoi perdre un candidat coûte plus cher dans un vivier qui se resserre
  5. 05Élargir le vivier plutôt que se battre pour la même cohorte de finissants du secondaire

Un nombre record de cégépiens en 2025 — et pourtant le signal d'alarme est réel

À l'automne 2025, les 48 cégeps publics du Québec ont accueilli 193 833 élèves à l'enseignement régulier, un sommet historique en hausse de 5% par rapport à l'année précédente — mais ce chiffre masque une divergence régionale déjà installée et une démographie qui se retourne à moyen terme (Fédération des cégeps). Parmi ces inscriptions, 84 756 sont de nouveaux élèves — un volume qui traduit surtout la vitalité démographique des cohortes nées avant 2012, pas une tendance qui se prolongera automatiquement.

Pour un directeur d'admissions d'un établissement privé — collège, école de formation professionnelle ou université non subventionnée — ce contraste entre un sommet provincial et un resserrement à venir est le vrai sujet. La question n'est pas de savoir si le Québec recrute encore des étudiants aujourd'hui ; c'est de savoir combien de temps encore, et pour quels établissements, avant que le bassin de recrutement local ne se contracte réellement.

Ce texte est le complément démographique de notre guide sur comment recruter plus d'étudiants dans l'enseignement supérieur : il pose le contexte de marché avant d'entrer dans les tactiques.

Ce que montrent les chiffres de l'ISQ sur les cohortes à venir

Les naissances au Québec ont atteint un sommet en 2012 avec 88 933 bébés, puis reculé d'environ 9% entre 2012 et 2022, faisant chuter le taux de natalité de 11 pour 1 000 à 9,3 pour 1 000 (Institut de la statistique du Québec). L'indice synthétique de fécondité est estimé à 1,36 enfant par femme en 2025 — bien en deçà du seuil de remplacement de 2,1 nécessaire pour maintenir une population stable sans apport migratoire.

Un enfant né en 2012 aura 18 ans en 2030. Les cohortes nées après ce sommet — donc structurellement plus petites année après année — commenceront à atteindre l'âge d'entrée au cégep (17 ans) à partir de 2030-2031, puis à l'université au début des années 2030. Le sommet d'inscriptions observé en 2025 reflète encore des cohortes nées avant le recul ; il ne dit rien sur ce que sera le bassin dans cinq à huit ans.

L'ISQ a d'ailleurs révisé à la baisse ses propres projections de croissance démographique pour le Québec : la population provinciale devrait reculer d'environ 80 000 personnes (-0,9%) entre 2025 et 2030, principalement en raison du ralentissement de l'immigration temporaire, avant de se stabiliser autour de 9,2 millions (communiqué ISQ, juillet 2025). Cette même mise à jour montre une croissance projetée très inégale selon les régions d'ici 2051 : +21% pour la Capitale-Nationale, contre une croissance faible, voire négative, pour l'île de Montréal.

Indicateur démographiqueDonnéeSource
Sommet des naissances au Québec88 933 en 2012ISQ
Recul des naissances 2012-2022-9%ISQ
Indice synthétique de fécondité 20251,36 enfant/femmeISQ
Population du Québec, 2025-2030-0,9% (≈80 000 personnes)ISQ, projections révisées
Croissance projetée à 2051, Capitale-Nationale+21%ISQ
Croissance projetée à 2051, île de MontréalFaible ou négativeISQ

Deux canaux qui compensaient jusqu'ici le ralentissement se resserrent en même temps

Les établissements qui comptaient sur le recrutement international et sur les étudiants français pour amortir un bassin local plus étroit font face à deux resserrements simultanés, tous deux décidés hors de leur contrôle. Le premier est le plafond fédéral sur les permis d'études : en janvier 2024, Ottawa a annoncé une réduction d'environ 35% du nombre de permis d'études approuvés à l'échelle du Canada par rapport à 2023, ramené à environ 360 000 pour l'année, avec des plafonds provinciaux pondérés par population reconduits depuis (Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada, 22 janvier 2024). Les programmes de niveau collégial et premier cycle universitaire sont visés ; seuls la maîtrise, le doctorat et le primaire-secondaire échappent au plafond.

Le second est l'entente de mobilité étudiante entre la France et le Québec, renouvelée en 2024 mais moins généreuse qu'avant pour votre établissement si vous recrutez des Français au baccalauréat : les étudiants français inscrits au premier cycle universitaire paient désormais le régime des droits de scolarité des étudiants canadiens non-résidents (autour de 9 000 $ CAD), sans la majoration additionnelle mais sans la parité quasi complète avec les droits québécois qui prévalait avant (Le Devoir). Le deuxième et le troisième cycle conservent le régime québécois. Concrètement : un canal qui servait à élargir le vivier sans effort marketing supplémentaire vient de devenir un peu plus coûteux à activer pour vos prospects, à premier cycle en tout cas.

Ajoutez à cela une réalité déjà documentée au Québec : lors du précédent creux démographique de la fin des années 2010, la quasi-totalité des régions hors Laurentides avaient vu leurs effectifs collégiaux reculer, avec des baisses régionales allant jusqu'à -4,9% en une seule rentrée. Un établissement privé situé hors de la grande région de Montréal ou de Québec ne peut pas se fier au chiffre provincial record de 2025 pour évaluer son propre risque.

Pourquoi perdre un candidat coûte plus cher dans un vivier qui se resserre

Quand le bassin de prospects arrête de grandir automatiquement, chaque candidat perdu en cours de parcours n'est plus remplacé par le volume naturel d'inscriptions à venir — c'est ce qui rend la conversion plus déterminante que l'acquisition brute. Le funnel de recrutement type reste sévère : 91% des visiteurs d'un site d'établissement quittent sans jamais amorcer un premier contact, et 64% de ceux qui contactent l'établissement n'atteignent jamais le stade de la candidature (source : content/zpd-bank.json#prospect-dropout-funnel). Ces pertes se produisaient déjà quand le bassin de 18 ans grossissait chaque année ; elles se produisent encore aujourd'hui, sauf que le prospect suivant dans la liste n'est plus garanti.

Les établissements qui déploient un agent conversationnel IA réduisent l'abandon au premier contact de 91% à 76%, soit 167% de premiers contacts effectifs en plus (source : content/zpd-bank.json#prospect-dropout-funnel). Dans un marché en croissance, ce type de gain se traduit surtout par plus de volume à budget constant. Dans un marché qui plafonne, il se traduit par la différence entre remplir ou non une cohorte.

Le taux de conversion final varie fortement selon le type de programme, ce qui doit orienter vos priorités :

Type d'établissementTaux de conversion site → inscription
École de communication1,8%
École de commerce / gestion2,3%
Université privée3,0%
École d'ingénieurs / génie4,1%
École d'informatique5,2%

(Source : content/zpd-bank.json#conversion-rate-by-school-type)

Un établissement avec un taux de conversion sous la moyenne de son secteur n'a pas nécessairement un problème de notoriété ou de budget insuffisant — il a souvent un problème de réponse trop lente ou de friction dans le premier contact, à un moment où la démographie ne lui donnera plus autant de nouvelles chances de rattraper le retard.

Élargir le vivier plutôt que se battre pour la même cohorte de finissants du secondaire

Trois leviers permettent de sortir de la dépendance au seul bassin des finissants du secondaire québécois, sans attendre que la démographie se rétablisse d'elle-même. Le premier est la formation continue et les réorientations professionnelles : les adultes en changement de carrière ne dépendent d'aucune cohorte de naissances et cherchent activement des programmes courts, souvent avec un cycle de décision différent de celui d'un élève de cégep. Le deuxième est le recrutement interprovincial — un candidat ontarien ou maritime n'est pas soumis au plafond fédéral sur les permis d'études, contrairement à un candidat international, ce qui en fait un relais moins fragile réglementairement.

Le troisième levier, le plus actionnable à court terme, est la discipline sur la conversion elle-même plutôt que la seule dépense d'acquisition. Comparer vos canaux d'acquisition sur leur coût réel par inscrit, pas seulement sur leur volume de trafic, révèle souvent qu'un canal moins cher convertit mal — notre article sur SEA vs SEO pour une école supérieure détaille cet arbitrage. Et face à des parents et futurs étudiants de plus en plus attentifs à la valeur réelle d'un diplôme privé dans un marché plus compétitif pour attirer chaque candidat, la clarté sur le retour sur investissement de la formation devient un argument de recrutement à part entière — voir notre analyse du ROI d'une formation en école privée.

Un agent conversationnel disponible en dehors des heures de bureau ne remplace pas les conseillers à l'admission ; il absorbe les questions répétitives sur l'admissibilité, la cote R minimale ou les droits de scolarité, et libère du temps pour les conversations qui nécessitent vraiment un humain — précisément les conversations qu'on ne peut plus se permettre de perdre quand chaque candidat compte davantage.

FAQ

Le Québec va-t-il vraiment manquer d'étudiants dans les prochaines années ?

Pas de façon uniforme ni immédiate. Le réseau collégial public affiche un sommet d'inscriptions en 2025, porté par des cohortes nées avant le recul des naissances de 2012. Le resserrement structurel, lié à la baisse de 9% des naissances entre 2012 et 2022, touchera surtout l'entrée au cégep à partir de 2030-2031 et à l'université au début des années 2030 — pas cette rentrée-ci.

Toutes les régions du Québec sont-elles touchées de la même façon ?

Non. Les projections de l'ISQ montrent une croissance très inégale d'ici 2051 : forte pour la Capitale-Nationale ou Chaudière-Appalaches, faible ou négative pour l'île de Montréal. Un établissement en région doit évaluer son propre bassin local plutôt que se fier au chiffre provincial global, qui reste tiré vers le haut par la grande région de Montréal et l'immigration.

Le plafond fédéral sur les permis d'études affecte-t-il les écoles privées québécoises ?

Oui, pour les programmes de niveau collégial et premier cycle universitaire. Le plafond fédéral annoncé en janvier 2024 (environ 360 000 permis approuvés à l'échelle du Canada, -35% par rapport à 2023) touche directement les établissements qui recrutaient à l'international pour compenser un bassin local plus étroit. Seuls la maîtrise, le doctorat et les cycles primaire-secondaire y échappent.

Les étudiants français restent-ils un bon relais de recrutement pour un établissement privé au Québec ?

C'est plus nuancé qu'avant. L'entente de mobilité étudiante France-Québec, renouvelée en 2024, maintient le régime québécois pour la maîtrise et le doctorat, mais les étudiants français en premier cycle paient désormais le régime des non-résidents canadiens (environ 9 000 $ CAD), sans la quasi-parité qui existait auparavant. Le canal reste réel, mais il ne compense plus automatiquement un recul local à premier cycle.

Que peut faire une petite équipe d'admissions face à cette pression démographique ?

Prioriser la conversion avant l'acquisition. Réduire l'abandon au premier contact et raccourcir le délai de réponse coûte généralement moins cher que d'ouvrir un nouveau canal, et produit un effet plus rapide. Élargir ensuite le vivier vers la formation continue et le recrutement interprovincial, moins dépendants de la démographie du secondaire québécois et des plafonds fédéraux sur l'international.

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