Les chiffres à retenir pour un cégep, un collège privé ou une université au Québec
Au Canada, le sondage le plus récent que nous avons pu ouvrir à la source place l'usage de l'IA générative par les étudiants à trois sur quatre. Pour le reste, les données canadiennes sur l'admission sont minces, et nous complétons avec des études étrangères signalées comme telles. Aucun chiffre ne provient de Skolbot.
Précision de méthode : aucun outil payant de volume de recherche n'était disponible. Le sujet a été cadré avec des recherches publiques et des sources primaires.
| Chiffre | Source | Périmètre et date |
|---|---|---|
| 75 % des étudiants canadiens utilisent l'IA générative pour leurs travaux | KPMG Canada | 1 009 Canadiens de 18 ans et plus qui étudient ou travaillent dans un établissement, du 22 juillet au 5 août 2026 |
| 95 % des étudiants britanniques utilisent l'IA sous une forme ou une autre | HEPI et Kortext | 1 054 étudiants, Royaume-Uni, décembre 2025 |
| 46 % des élèves américains du secondaire utilisent l'IA pour chercher une université | EAB | Plus de 5 000 élèves, octobre-novembre 2025 |
| 43 % commencent par le site de l'établissement ; 13 % par un chatbot | UCAS, via Wonkhe | 4 485 répondants, Royaume-Uni, novembre 2025 |
| 68 % des universités sélectives américaines n'ont pas de politique sur l'IA dans l'essai | Kaplan (communiqué du 3 novembre 2025) | Responsables d'admission d'environ 220 établissements, juillet-août 2025 |
Étudiants : trois sur quatre utilisent déjà l'IA
KPMG Canada a publié le 4 septembre 2026 un sondage selon lequel 75 % des étudiants canadiens utilisent des outils d'IA générative pour leurs travaux scolaires. L'échantillon compte 1 009 personnes de 18 ans et plus qui fréquentent ou travaillent dans une université, un collège, un établissement de formation professionnelle ou une école secondaire, sondées du 22 juillet au 5 août 2026.
Deux précautions. Le sondage porte sur des étudiants et du personnel d'établissements, pas sur des candidats à l'admission, et il couvre l'ensemble du Canada, pas le Québec seul. Il indique tout de même le niveau d'habitude avec lequel un futur étudiant se présente.
À titre de comparaison, HEPI relève 95 % d'usage de l'IA sous une forme ou une autre au Royaume-Uni, avec seulement 36 % d'étudiants qui se sentent encouragés par leur établissement.
Choix de l'établissement : l'IA compte, le site reste le point de départ
Nous n'avons pas trouvé d'enquête québécoise vérifiable sur l'usage de l'IA par les candidats au cégep ou à l'université. Deux études étrangères donnent des signaux.
EAB a sondé plus de 5 000 élèves américains à l'automne 2025 : 46 % utilisent l'IA pour chercher un établissement (26 % au printemps 2025) et 18 % ont écarté un établissement à cause d'informations issues d'une recherche IA.
Dans l'étude UCAS rapportée par Wonkhe, 43 % des 4 485 répondants britanniques commencent par le site de l'établissement et 13 % par un chatbot. 48 % retireraient un établissement après une mauvaise journée portes ouvertes, contre 8 % après un avis négatif généré par IA.
Le parcours québécois est particulier : DES, puis cégep (préuniversitaire de deux ans ou technique de trois ans), avec des demandes d'admission regroupées par le SRAM pour la région de Montréal, puis une admission universitaire où la cote R joue un rôle central. Un étudiant compare donc des programmes à deux moments distincts, et les questions sur les passerelles DEC-bac sont fréquentes. Ces chiffres étrangers ne se transposent pas tels quels.
Établissements : peu de données, des règles à écrire
Le seul chiffre institutionnel vérifié porte sur les règles pour les candidats. Kaplan (communiqué du 3 novembre 2025) a interrogé en été 2025 des responsables d'admission américains : 2 % autorisent l'IA pour rédiger l'essai d'admission, 30 % l'interdisent et 68 % n'ont pas de politique.
Nous n'avons pas trouvé de donnée vérifiable sur l'usage de l'IA par les bureaux d'admission canadiens ou québécois et nous n'en citons pas. Les pourcentages sur les universités « qui trient les dossiers par IA » sont écartés : ils viennent d'enquêtes qui mêlent écoles secondaires et universités.
Cadre juridique : Loi 25, LPRPDE, et pas de loi fédérale sur l'IA
Au Québec, la Loi 25, qui modernise la protection des renseignements personnels, s'applique, sous la supervision de la Commission d'accès à l'information (CAI). Elle prévoit notamment d'informer une personne lorsqu'une décision la concernant est fondée exclusivement sur un traitement automatisé : une raison de garder un humain dans toute décision d'admission. Ailleurs au Canada, la LPRPDE s'applique, avec le Commissariat à la protection de la vie privée comme autorité fédérale.
Il n'existe pas, à notre connaissance, de loi fédérale sur l'IA en vigueur : le projet C-27 n'a pas été adopté. Le règlement européen sur l'IA classe l'admission en haut risque, avec une application prévue à partir du 2 décembre 2027 selon la Commission européenne. Il ne vise pas le Québec directement, mais illustre la direction prise.
L'accréditation et la qualité relèvent de la CEEC pour les collèges et du ministère de l'Enseignement supérieur et du BCI pour les universités.
Comment vérifier une statistique IA avant de la citer
Avant de reprendre un chiffre dans une présentation ou un communiqué, posez quatre questions. Qui a mené le sondage, et qui l'a financé ? Quelle est la taille de l'échantillon et qui représente-t-il : élèves, étudiants, adultes ? Quand la collecte a-t-elle eu lieu ? Quelle question a été posée, exactement ? Citez toujours l'éditeur, l'année, l'échantillon et le lien. Beaucoup de pourcentages sur les jeunes Québécois et l'IA circulent sans renvoi vers un rapport : si vous ne pouvez pas l'ouvrir, ne publiez pas le chiffre.
Ce que ces chiffres ne disent pas
Ils ne disent pas qu'un chatbot augmente les inscriptions : aucune source ne mesure la conversion. Ils ne sont pas comparables, car populations, pays et questions diffèrent. Et ils ne décrivent pas l'usage dans les bureaux d'admission du Québec.
Pour des repères de conversion publiés, lisez notre article sur les benchmarks de conversion d'un site d'école.
Ce que cela change pour un bureau d'admission québécois
- Rendez vos pages de programmes précises sur ce que les candidats demandent déjà à une IA : conditions d'admission, cote R, DEC ou équivalent, frais de scolarité, dates limites, aide financière.
- Publiez une position sur l'IA dans les dossiers.
- Gardez un humain pour toute décision d'admission, et informez les candidats de tout traitement automatisé, conformément à la Loi 25.
- Mesurez vos propres données : questions fréquentes, délai de réponse, demandes de rencontre.
Pour aller plus loin, voyez notre guide des agents IA pour le recrutement étudiant, la définition d'un agent IA d'admissions et le guide du chatbot IA.



