Les chiffres à retenir pour une haute école ou une université en Belgique francophone
En 2026, l'usage de l'IA par les jeunes est solidement documenté en Europe, mais aucune enquête belge sur l'usage de l'IA par les futurs étudiants n'a pu être ouverte et vérifiée pour cet article. Nous ne citons donc que des sources primaires accessibles, avec leur périmètre exact. Aucun chiffre ne provient de Skolbot.
Précision de méthode : aucun outil payant de volume de recherche n'était disponible. Le sujet a été cadré avec des recherches publiques et des sources primaires.
| Chiffre | Source | Périmètre et date |
|---|---|---|
| 33 % des 16-74 ans de l'Union européenne utilisent l'IA générative ; 64 % des 16-24 ans | Eurostat | Union européenne, 2025, trois derniers mois |
| 95 % des étudiants utilisent l'IA sous une forme ou une autre | HEPI et Kortext | 1 054 étudiants de bachelier à temps plein, Royaume-Uni, décembre 2025 |
| 46 % des lycéens utilisent l'IA pour chercher une université (26 % au printemps 2025) | EAB | Plus de 5 000 lycéens, États-Unis, octobre-novembre 2025 |
| 43 % commencent par le site de l'établissement ; 13 % par un chatbot | UCAS, via Wonkhe | 4 485 répondants, Royaume-Uni, novembre 2025 |
| 68 % des universités sélectives n'ont pas de politique sur l'IA dans l'essai d'admission | Kaplan (communiqué du 3 novembre 2025) | Responsables d'admission d'environ 220 universités américaines, juillet-août 2025 |
Une seule ligne concerne l'Union européenne dont fait partie la Belgique ; les autres sont des repères étrangers, signalés comme tels.
Futurs étudiants : l'IA fait partie de l'orientation
Eurostat mesure, pour 2025, une utilisation de l'IA générative par 33 % des 16-74 ans de l'Union dans les trois mois précédents, et par 64 % des 16-24 ans. C'est la première année de mesure. Le chiffre belge n'apparaît pas dans le texte de l'article que nous avons pu consulter, donc nous ne l'avançons pas.
À titre de comparaison, HEPI relève 95 % d'usage chez les étudiants britanniques, mais seulement 36 % se disent encouragés par leur établissement. Ces étudiants sont déjà inscrits, pas candidats. Le signal pour un service d'admission est que les futurs étudiants arrivent avec des réflexes d'assistant IA.
Choix de l'établissement : l'IA compte, le site reste le point de départ
Les deux enquêtes disponibles sur la recherche d'établissement viennent de l'étranger.
EAB a interrogé plus de 5 000 lycéens américains à l'automne 2025 : 46 % utilisent l'IA pour chercher un établissement, contre 26 % au printemps 2025, et 18 % ont écarté un établissement à cause d'informations issues d'une recherche IA.
L'enquête UCAS, présentée par Wonkhe, apporte une nuance : sur 4 485 répondants, 43 % commencent par le site de l'établissement et 13 % par un chatbot. 48 % retireraient un établissement de leur liste après une mauvaise journée portes ouvertes, contre 8 % après un avis négatif généré par IA.
En Belgique francophone, le parcours diffère : pas de plateforme centrale comparable à Parcoursup ou UCAS, une inscription directe auprès de chaque haute école ou université, et un examen d'entrée géré par l'ARES pour les filières contingentées de médecine et de dentisterie. Les candidats comparent donc plusieurs sites, souvent en parallèle, et un assistant IA peut devenir l'outil de comparaison. Ces chiffres étrangers ne se transposent pas tels quels.
Établissements : peu de données, des règles à écrire
Le seul chiffre institutionnel que nous avons pu vérifier porte sur les règles imposées aux candidats. Kaplan (communiqué du 3 novembre 2025) a interrogé des responsables d'admission américains en juillet-août 2025 : 2 % autorisent l'IA pour rédiger l'essai d'admission, 30 % l'interdisent et 68 % n'ont pas de politique.
C'est un échantillon américain. Nous n'avons trouvé aucune donnée vérifiable sur l'usage de l'IA par les services d'admission des hautes écoles belges, et nous n'en citons pas. Les pourcentages sur les universités « qui trient les dossiers par IA » proviennent d'enquêtes qui mêlent lycées et universités, sans source primaire accessible.
Cadre réglementaire en Belgique : RGPD, APD et AI Act
Le RGPD s'applique, transposé par la loi du 30 juillet 2018. L'autorité compétente est l'Autorité de protection des données (APD). Pour les candidats mineurs, l'information et le consentement doivent être compréhensibles.
L'annexe III du règlement européen sur l'IA classe parmi les systèmes à haut risque ceux qui déterminent l'accès ou l'admission à un établissement d'enseignement. Un chatbot d'information n'est pas un système qui décide, un outil de classement de dossiers s'en rapproche. Selon la Commission européenne, ces règles s'appliquent à partir du 2 décembre 2027 après l'adoption de l'omnibus. Vérifiez la date sur cette page.
Pour la qualité, l'AEQES évalue les programmes de l'enseignement supérieur en Fédération Wallonie-Bruxelles, et le cadre du Décret Paysage organise les parcours d'études.
Comment vérifier une statistique IA avant de la citer
Avant de reprendre un chiffre dans une présentation, une note au conseil d'administration ou un communiqué, posez quatre questions. Qui a mené l'enquête, et qui l'a financée ? Quelle est la taille de l'échantillon et qui représente-t-il : élèves, étudiants, adultes ? Quand le terrain a-t-il eu lieu ? Quelle question a été posée, exactement : « utilisez-vous l'IA chaque jour » ou « avez-vous déjà utilisé l'IA » ?
Beaucoup de pourcentages qui circulent en ligne échouent dès la première question, faute de source primaire. Ceux du tableau ci-dessus passent le test, dans le périmètre indiqué. Si vous citez un chiffre, indiquez toujours l'éditeur, l'année et la taille de l'échantillon, avec le lien.
Ce que ces chiffres ne disent pas
Ils ne disent pas qu'un chatbot augmente les inscriptions : aucune source ne mesure la conversion. Ils ne sont pas comparables entre eux, car populations, pays, questions et dates diffèrent. Et ils ne décrivent pas l'usage dans les hautes écoles belges.
Pour des repères de conversion publiés, lisez notre article sur les benchmarks de conversion d'un site d'école.
Ce que cela change pour un service d'admission belge
- Rendez vos pages bachelier et master explicites sur ce que les candidats demandent déjà à une IA : conditions d'accès, minerval, calendrier d'inscription, passerelles, kot.
- Publiez une position sur l'IA dans les dossiers d'inscription, puisque la majorité des établissements du panel Kaplan n'en a pas.
- Gardez un humain pour toute décision d'admission ou d'accès à un contingent.
- Mesurez vos propres données : questions fréquentes, délai de réponse, demandes de rendez-vous.
Pour aller plus loin, voyez notre guide des agents IA pour le recrutement étudiant, la définition d'un agent IA d'admissions et le guide du chatbot IA.


