Les chiffres à retenir pour une HES ou une université en Suisse
La Suisse dispose de deux repères nationaux utilisables, ce qui la distingue de plusieurs marchés voisins : la mesure d'Eurostat sur l'ensemble de la population et une enquête menée à l'Université de Fribourg et dans les HES-SO. Les autres chiffres sont étrangers et signalés comme tels. Aucun chiffre ne provient de Skolbot.
Précision de méthode : aucun outil payant de volume de recherche n'était disponible. Le sujet a été cadré avec des recherches publiques et des sources primaires.
| Chiffre | Source | Périmètre et date |
|---|---|---|
| 47 % de la population suisse de 16-74 ans utilise l'IA générative | Eurostat | Suisse, 2025, trois derniers mois |
| Près de 75 % des étudiants utilisent l'IA tous les jours ou plusieurs fois par semaine | Université de Fribourg | Près de 800 étudiants et 362 enseignants, Fribourg et HES-SO, printemps 2025 |
| 95 % des étudiants britanniques utilisent l'IA sous une forme ou une autre | HEPI et Kortext | 1 054 étudiants, Royaume-Uni, décembre 2025 |
| 46 % des lycéens américains utilisent l'IA pour chercher une université | EAB | Plus de 5 000 lycéens, octobre-novembre 2025 |
| 43 % commencent par le site de l'établissement ; 13 % par un chatbot | UCAS, via Wonkhe | 4 485 répondants, Royaume-Uni, novembre 2025 |
La Suisse parmi les pays les plus utilisateurs
Eurostat inclut la Suisse hors de l'Union dans sa comparaison : 47 % de la population de 16 à 74 ans y a utilisé l'IA générative dans les trois mois précédents en 2025, contre 33 % en moyenne dans l'Union. Seuls quelques pays, dont le Danemark (48 %), se situent à un niveau comparable. C'est la population générale, pas les candidats aux études.
Pour les étudiants, l'Université de Fribourg a publié en décembre 2025 une enquête menée au printemps 2025 avec les HES-SO, auprès de près de 800 étudiants et de 362 enseignants. Près de 75 % des étudiants utilisent l'IA chaque jour ou plusieurs fois par semaine. Le texte que nous avons consulté ne donne ni méthode d'échantillonnage ni taux de réponse, il faut donc lire ce chiffre comme un ordre de grandeur pour la Suisse romande.
Pour un service d'admission, ces deux repères convergent : les candidats arrivent avec l'habitude d'interroger un assistant avant de contacter l'établissement.
Choix de la haute école : l'IA compte, le site reste le point de départ
Pour la phase de choix, nous n'avons pas trouvé d'enquête suisse vérifiable. Deux études étrangères donnent des signaux.
EAB a interrogé plus de 5 000 lycéens américains à l'automne 2025 : 46 % utilisent l'IA pour chercher un établissement, contre 26 % au printemps 2025 ; 18 % ont écarté un établissement à cause d'informations issues d'une recherche IA.
L'étude UCAS, présentée par Wonkhe, donne 43 % pour le site de l'établissement comme premier réflexe et 13 % pour un chatbot. 48 % retireraient un établissement après une mauvaise journée portes ouvertes, contre 8 % après un avis négatif généré par IA.
Ces résultats ne se transposent pas directement : en Suisse, l'admission est décentralisée, avec une maturité gymnasiale, professionnelle ou spécialisée, des procédures propres à chaque canton et à chaque haute école, et un passage par swissuniversities pour certaines HES.
Établissements : peu de données, des règles à écrire
Le seul chiffre institutionnel que nous avons pu vérifier porte sur les règles imposées aux candidats. Kaplan (communiqué du 3 novembre 2025) a interrogé des responsables d'admission américains en été 2025 : 2 % autorisent l'IA pour rédiger l'essai d'admission, 30 % l'interdisent et 68 % n'ont pas de politique.
Nous n'avons trouvé aucune donnée vérifiable sur l'usage de l'IA par les services d'admission suisses et nous n'en citons pas. Les pourcentages sur les universités « qui trient les dossiers par IA » sont écartés : ils viennent d'enquêtes mêlant lycées et universités.
Cadre juridique suisse : nLPD, PFPDT, et l'AI Act en toile de fond
La Suisse n'est pas dans l'Union. Le texte de référence est la nouvelle loi fédérale sur la protection des données (nLPD), en vigueur depuis le 1er septembre 2023, et l'autorité est le Préposé fédéral à la protection des données et à la transparence (PFPDT). La Suisse n'a pas, à ce jour, de loi sur l'IA équivalente à l'AI Act.
Le règlement européen sur l'IA peut néanmoins concerner une haute école qui recrute dans l'Union avec des outils mis sur le marché européen. Son annexe III classe en haut risque les systèmes qui déterminent l'accès ou l'admission à l'enseignement, et la Commission européenne indique une application à partir du 2 décembre 2027. Faites valider votre cas par votre conseil juridique.
Pour la qualité, l'AAQ conduit l'accréditation institutionnelle, et swissuniversities coordonne les hautes écoles.
Comment vérifier une statistique IA avant de la citer
Avant de reprendre un chiffre dans une présentation, une note à la direction ou un communiqué, posez quatre questions. Qui a mené l'enquête, et qui l'a financée ? Quelle est la taille de l'échantillon et qui représente-t-il : gymnasiens, étudiants, adultes ? Quand le terrain a-t-il eu lieu ? Quelle question a été posée, exactement : « utilisez-vous l'IA chaque jour » ou « avez-vous déjà utilisé l'IA » ?
L'enquête fribourgeoise montre pourquoi cela compte. Elle porte sur près de 800 étudiants de deux types d'établissements, dans une seule région linguistique, et mesure la fréquence d'usage. Elle ne dit rien des candidats alémaniques ou tessinois, ni de l'usage pour choisir une filière. Indiquez toujours l'éditeur, l'année, la taille de l'échantillon et le lien.
Ce que ces chiffres ne disent pas
Ils ne disent pas qu'un chatbot augmente les inscriptions : aucune source ne mesure la conversion. Ils ne sont pas comparables entre eux, car populations, pays et questions diffèrent. Et ils ne décrivent pas l'usage dans les services d'admission suisses.
Pour des repères de conversion publiés, voyez notre article sur les benchmarks de conversion d'un site d'école.
Ce que cela change pour une haute école suisse
- Soignez les pages de programmes : conditions d'admission selon la maturité, passerelles, taxes d'études, dates limites, version française et allemande.
- Publiez une position sur l'IA dans les dossiers.
- Gardez un humain pour toute décision d'admission.
- Documentez le traitement des données selon la nLPD : information des personnes, finalités, sous-traitants et lieu d'hébergement.
Pour aller plus loin, lisez notre guide des agents IA pour le recrutement étudiant, la définition d'un agent IA d'admissions et le guide du chatbot IA.



